EKKA Wednesday ou immersion culturelle d’un jour au coeur du Queensland rural

Le Royal Queensland Show (connu sous le nom de Ekka) est le plus grand festival culturel de Brisbane. Chaque année, au 6e jour du festival, toujours un mercredi, les résidents bénéficient d’un congé férié – oui, en plein milieu de la semaine de travail! – pour les encourager à y participer. Alors, en bonne citoyenne adoptive, je suis allée faire un petit tour.

J’ai commencé ma journée par mon habituel cour de yoga (à 8 h au lieu de 6 h 15 parce que tout le monde aime faire la grasse matinée lors d’une journée de congé), puis pourquoi pas un brunch chez Hay Gurl, un de mes cafés véganes pref’,  avec une version adaptée d’un classique d’EKKA, le sundae aux fraises! Miam!

Après s’être bien rempli le ventre et s’être préparés mentalement à affronter la foule, nous avons pris le train pour se rendre aux Brisbane Showgrounds, là où a lieu l’exposition chaque année. Déjà, ça part bien: la foule ne me parraît pas trop intense. Je dirais semblable aux Premiers Vendredis du mois à l’esplanade du Stade olympique.

L’immense site est divisé en plusieurs sections distinctes: animaux (du chat de compagnie aux concours équestres, en passant par la vache et l’alpaca), démonstration de tâches fermières (ex.: tonte de mouton), du yoga chèvres, exposition d’art de toute sorte (peinture, poterie, décoration de gâteau, photographie, couture, tricot et j’en passe), ateliers éducatifs (agriculture, volailles, laines, etc.) et un volet entertainment assez varié.

Avant d’aller plus loin, j’ai besoin d’une dose de courage liquide supplémentaire. Je m’arrête donc à l’un des nombreux stands pour m’acheter un café. Prix majoré en raison du congé férié, of course.

(J’ai brisé ma tasse réutilisable au marché le weekend dernier – je dois m’en acheter une autre, mais j’ai trouvé celle-ci sympathique!)

Nous nous sommes promenés d’un pavillon à l’autre sans avoir de plan ou de but précis. J’essayais simplement d’absorber ce qui m’entourait, sans jugement. Pas une tâche facile quand plus de 75 % de l’exposition va à l’encontre de ses valeurs! Des animaux dans de minuscules cages avec une horde de gens qui les observent, des show bags qui encouragent la surconsommation et le suremballage ainsi qu’un concept d’événement qui est devenu une publicité à ciel ouvert.

C’est quand même fascinant parce que cet événement annuel est ancré dans la culture populaire de Queensland. L’Ekka est le reflet des valeurs et croyances profondes des Queenslanders. Les mentalités changent lentement, mais sûrement. Heureusement, en ville, c’est déjà très différent d’en campagne!

Oh, j’ai failli oublier la compétition internationale (oui, oui, avec les hymnes nationaux et tout!) de wood chopping! L’Australie a battu la Nouvelle-Zélande dans la course à relais pendant que je mangeais mes frittes (pas mal la seule option végane disponible 😂).

En soirée, les Ekkanites offrent de tout, pour tous les goûts, dans un même spectacle: comédie musicale avec des cowboys, une poursuite policière pour arrêter un méchant, des fermiers, des chevaux, une compétition de monster trucks, des acrobaties en motocross et, pour conclure, un feu d’artifices sur fond de musique décousue (passant de Queen au heavy métal, incluant de la musique pop).

Nous avons été très chanceux. Alors que nous cherchions une place pour s’assoir et admirer le spectacle, mon regard a croisé celui d’un monsieur assis plus bas dans les estrades. J’en comprends par sa gesticule qu’il va libérer ses places et qu’il nous les offre. On fini donc par traverser la foule et s’y rendre. Je le remercie infiniment pour sa gentillesse. Il me répond que l’on avait l’air d’avoir besoin d’un peu de Ekka magic.

Je ne suis pas certaine que lui et moi avons la même définition du mot magique, mais déjà d’être assis au lieu de debout pour les deux prochaines heures, ça fait mon bonheur. Le spectacle m’a laissée perplexes et complètement surstimulée par la lumière et le son. J’étais tellement sous le choc que les choses les plus absurdes ne sont même pas sur les photos: des gars qui font une course en patin à roues alignées à dos de poneys miniatures par exemple…

Évidemment, dès la fin du feux d’artifices, un mouvement de masse se crée vers la sortie (à travers un labyrinthe pas très fluide) sous le regard attentif des policiers et de la sécurité. Heureusement, nous avons réussi à nous faufiler dans le premier train et nous étions de retour à la maison avant 21 h. Complètement épuisés.

Bref, je suis contente de l’avoir vécue, mais plus jamais je ne participerai à l’Ekka. Point final.

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